Bordeaux : le poste de police des Capucins incendié lors de la mobilisation lycéenne, trois policiers échappent à la mort.

Les faits sont qualifiés de tentative d'homicide aggravée. Plusieurs personnes ont été interpellées.

L’issue s'est jouée à presque rien. Hier après-midi, trois policiers ont vu le poste des Capucins, à Bordeaux, se transformer en piège, au cœur d'une journée de mobilisation lycéenne qui a dégénéré.

Il est environ 16 heures, quand l'équipage de Police, en pause technique, a laissé son véhicule à l'extérieur. De l’intérieur, les fonctionnaires entendent monter une rumeur de foule. En bas, une cinquantaine d'individus cagoulés s'acharnent sur le bâtiment pour forcer l'entrée. Ces derniers savent que des policiers sont à l'intérieur et ils sont décidés à les atteindre.

Le chef de bord de la patrouille prend alors la main et saisit les clés du véhicule, avant d’ordonner aux autres d'évacuer avec lui et de rejoindre la voiture garée à l'arrière. Les deux équipiers tentent de le suivre, mais les projectiles pleuvent. Ils doivent faire demi-tour, en repoussant les assaillants pour regagner le poste.

Dehors, le chef de bord se retrouve face à près de 200 personnes, ameutées, hostiles, qui le visent de jets de projectiles et de menaces de mort. Il atteint le véhicule et effectue une marche arrière pour ne pas rester à la merci des assaillants décidés à le tuer. À cette heure, il ignore encore comment il en est sorti indemne.

Pendant ce temps, à l'intérieur, le feu prend. Les deux policiers restés dans le bâtiment attaquent les flammes avec deux extincteurs, sans pouvoir les contenir. La fumée gagne tout le sous-sol, plus moyen de respirer ni d'y voir, ils remontent donc se réfugier au premier étage.

Pendant ce temps devant la porte, un riverain essaie de repousser les objets en flammes qui s'accumulent. Il est pris à partie et molesté par des casseurs. Il faudra plusieurs minutes à la compagnie départementale d'intervention (CDI 33) pour atteindre les lieux et extraire les deux hommes. Aucun blessé n'est à déplorer, ce que leur entourage professionnel décrit comme un miracle.

Le traumatisme, lui, est réel. Un des trois policiers a confié au syndicat UN1TÉ que, lorsqu'ils se sont retrouvés, les trois policiers se sont serrés dans les bras.

Plusieurs individus ont été interpellés pour leur participation aux faits, et l'enquête se poursuit, avec des collègues des victimes déjà largement mobilisés et sur le pont. UN1TÉ, qui parle d'un crime, affirme n'attendre aucune suite judiciaire à la hauteur de ce qui s'est produit. Le syndicat espère l'interpellation rapide de tous les auteurs et assure les trois fonctionnaires de son soutien.

Linda Kebbab

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