mercredi, juin 19

Un CRS raconte l’enfer des violences lors de la mobilisation contre l’A69

En cette journée du 08 juin 2024, la CRS 17, ainsi que 7 autres unités et deux SMS ont été engagées sur le MO concernant le chantier de l’A69 à Puylaurens (31) en zone Gendarmerie.

Arrivée en début d’après-midi, cette unité de 63 fonctionnaires, bien peu pour ce type de mission, a assuré une mission de surveillance sur la base de vie du chantier de l’A69 puis sur un rond-point dans le calme.

Mais cela n’a pas duré très longtemps, car à 15h45, les fonctionnaires de la CRS 17 se sont rendus au restaurant « la fourchette », qui était la cible de black blocs.

Des individus descendant la colline ont mené l’assaut, s’en prenant aux fonctionnaires qui venaient de mettre pieds à terre. Ils avaient la volonté manifeste de brûler du « flic », leur jetant des cocktails Molotov, dont un, a atteint la porte latérale d’un véhicule, embrasant immédiatement le véhicule ainsi que quatre collègues.

Les fonctionnaires ont dû reculer afin de parvenir à éteindre les flammes sur le bras de l’un d’entre eux. Près de quatre cent personnes véhémentes ont envahi la chaussée, lançant cocktails Molotov, pétards, mortiers, notamment sur le parc automobile de la CRS avec les chauffeurs à bord.

Ça tombe comme à Gravelotte…

Successions de bonds offensifs et utilisation de moyens intermédiaires furent nécessaires à la CRS 17 pour se dégager de ce mauvais pas.

Les moyens intermédiaires ont été capricieux, avec des pannes sur les lanceurs multi-coups utiles pour freiner l’assaut des belligérants, des LBD défaillants et des munitions non adaptées. Pas de MP 7 en stock, pas de DPR 200 qui auraient pu maintenir à distance ces individus, seulement de la GM2L et de la CM3 inefficaces sur des maintiens de l’ordre en milieu rural.

Comment se défendre avec des jouets de Playmobil face à des individus hostiles, organisés et très bien équipés au niveau armement et protection ?

Une demande de renfort en urgence fût nécessaire pour se sortir de là, avec un temps d’attente interminable pour les collègues sous le feu des black blocs. La CRS 26, la SMS, les escadrons et CENTAURE Gendarmerie sont enfin arrivés pour renforcer la CRS 17.

Les fonctionnaires de la CRS 17 ont été témoins avec stupéfaction de l’organisation des assaillants, manœuvrant comme les colonnes d’assaut du RAID, avec une grande mobilité.

Pendant une heure trente, les collègues de la CRS 17 ont vécu un MO de très haute intensité essuyant au final un grand nombre de blessés. Un collègue brûlé sévèrement, un autre blessé et seize contusionnés avec des acouphènes, des brûlures aux mains, et de nombreux impacts suite aux jets de projectiles, collègues pour lesquels nous avons une pensée toute particulière.

Il est urgent que notre direction remette à niveau nos effectifs, donne des moyens intermédiaires efficaces afin de protéger en priorité nos collègues faisant face à une violence sans limite, où la volonté de tuer ne fait plus aucun doute.

Sans la réactivité et le professionnalisme de l’ensemble des CRS présents sur le dispositif, ainsi que le renfort précieux des gendarmes, le bilan aurait pu être plus lourd.

Lionel AMADOR, Secrétaire Zonal CRS Sud-Ouest UN1TÉ

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