mercredi, juin 19

Nouvelle-Calédonie : Violences, épuisement et détermination, un policier sous le feu témoigne

11 jours que Nouméa et les communes limitrophes (Dumbéa, Païta et le Mont Dore) traversent une période insurrectionnelle. Les émeutes ont débuté dans la nuit du dimanche 12 Mai, et les violences et exactions n’ont cessé depuis lors.

Rien n’a été épargné. Les commerces, écoles, collèges, concessions automobiles, commissariat de secteur, cabinets médicaux ont été la proie des émeutiers. Pillages en règle des diverses sociétés et bâtiments administratifs avant qu’ils ne soient incendiés.

Le mot d’ordre est suivi à la lettre par les émeutiers : « détruire et ruiner l’économie locale dirigée par “l’état français colonialiste” ».
Le dégel du corps électoral en est l’élément déclencheur.

Peu importe les conséquences, ils se donnent les moyens pour faire plier le “gouvernement français”. Quitte à semer le chaos !

Ivres et shootés aux médocs, les délinquants ne ressentent pas la fatigue et
encore moins la peur. Les confrontations avec les forces de l’ordre sont violentes.

L’arrivée des renforts constitue une bouffée d’air pour les effectifs de la DTPN 988 usés par les missions de rétablissement de l’ordre public depuis le début des émeutes.

Après une dizaine de jours, les unités de la DTPN 988 reprennent leurs cycles normaux de travail. Les renforts hexagonaux Police / Gendarmerie, rompus à l’exercice, occupent le terrain, appuyés par les policiers locaux (BAC, BST, SI, CS, UCL et UPS).

En 34 ans de carrière, je n’ai jamais connu un tel climat de violence exacerbé par une cause idéologique et politique.

Faits nouveaux en Nouvelle Calédonie :

  • L’usage d’armes à feu contre les forces de l’ordre est une première.
  • La chasse aux policiers via les réseaux sociaux, photos à l’appui.
  • Policiers identifiés et menacés de mort dans les quartiers “chauds” de Nouméa.

Les menaces de la Cellule de Coordination des Actions de Terrain (CCAT), bras armé d’un parti local, ont été sous-évaluées et les troubles occasionnés pas anticipés. Nous ressentions pourtant les tensions lors des manifestations organisées les jours précédents…

Coté terrain, ce manque d’anticipation s’est traduit par des problèmes logistiques, opérationnels et d’effectifs.

Au titre de la solidarité avec les collègues, j’ai troqué mon clavier d’enquêteur judiciaire pour un LBD et un HK G36. Être sous le feu et les projectiles en tout genre d’émeutiers très hostiles, en compagnie de mes frères d’arme, donne un véritable sens à ma carrière de policier. Faire face au danger, est l’essence même de notre métier.

J’espère que ces quelques éléments permettront de vous faire une idée sur ce que vit la police calédonienne en ces temps difficiles.

Daniel TAMANOGI Secrétaire National Délégué Un1té Nouvelle Calédonie

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